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Protéger son partenaire : ce que le concubinage et le PACS ne font pas automatiquement

Contrairement au mariage, vivre en couple sans être marié — en concubinage ou en PACS — laisse un vide juridique que la loi ne comble pas d'elle-même. Voici ce qui protège vraiment votre partenaire, et ce qui doit être organisé.

Un couple, deux statuts très inégaux face à la loi

Beaucoup de couples pensent, à tort, que vivre ensemble depuis plusieurs années — voire avoir des enfants ensemble — suffit à créer des droits automatiques entre partenaires. C'est faux pour le concubinage, et seulement partiellement vrai pour le PACS. En l'absence de mariage, le droit français ne considère pas votre partenaire comme un héritier, sauf si vous avez pris des dispositions explicites pour l'organiser.

Ce vide juridique peut avoir des conséquences lourdes en cas de décès : perte du logement, fiscalité confiscatoire, absence de pension de réversion. La bonne nouvelle, c'est que des solutions simples et peu coûteuses permettent de corriger la quasi-totalité de ces angles morts.

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Votre partenaire est-il vraiment protégé ?

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Concubinage, PACS, mariage : ce que chaque statut protège vraiment

Droits du partenaire survivant selon le statut du couple
DroitConcubinagePACSMariage
Héritier légal (sans testament)NonNonOui
Droits de succession si testament60 % (abatt. 1 594 €)0 % (exonération)0 % (exonération)
Maintien dans le logementNon garanti1 anViager possible
Pension de réversionNonNonOui
Imposition commune du revenuNonOuiOui

Chiffres indicatifs, hors situations particulières (enfants d'une précédente union, régime matrimonial). Un testament et une assurance-vie restent nécessaires dans tous les cas pour transmettre au-delà de ce tableau.

Concubinage : aucun droit successoral, une fiscalité très lourde

En union libre, votre partenaire n'a légalement aucune vocation héréditaire. Si vous décédez sans testament, il ne reçoit rien — même après vingt ans de vie commune et des enfants nés de cette union. Vos biens vont à vos héritiers légaux (enfants, parents, frères et sœurs), et votre partenaire peut se retrouver sans droit sur le logement qu'il occupait, sauf disposition contraire.

Même lorsqu'un testament attribue une part de patrimoine au concubin survivant, la fiscalité applicable est la plus défavorable du droit français : un concubin est taxé comme un « tiers » sans lien de parenté.

Ce que ça donne concrètement : un abattement de seulement 1 594 € (contre 100 000 € entre parent et enfant), puis un taux de droits de succession fixe de 60 % sur tout le reste transmis par testament.

PACS : une meilleure protection fiscale, mais pas de succession automatique

Le PACS améliore nettement la situation sur le plan fiscal, mais il ne règle pas tout. Deux points essentiels à distinguer :

Ce que le PACS apporte automatiquement

  • Exonération totale de droits de succession sur les biens transmis au partenaire pacsé, exactement comme pour un conjoint marié
  • Un droit temporaire au logement commun pendant un an après le décès, si le bien appartenait au défunt
  • Une imposition commune sur le revenu, comme les couples mariés

Ce que le PACS n'apporte pas automatiquement

Le partenaire pacsé n'est pas un héritier légal. Sans testament, il ne recueille rien dans la succession, exactement comme un concubin — la différence se joue uniquement sur la fiscalité applicable si un testament l'a désigné bénéficiaire. Le PACS n'ouvre pas non plus droit à une pension de réversion sur la retraite du partenaire décédé, contrairement au mariage.

Ce qui est acquis

  • Exonération des droits de succession (si testament)
  • Un an de maintien dans le logement
  • Imposition commune du revenu

Ce qu'il faut organiser soi-même

  • Le droit d'hériter (via un testament)
  • La pension de réversion (inexistante)
  • La couverture prévoyance du foyer

L'assurance-vie, l'outil central pour protéger un partenaire

Que vous soyez en concubinage ou pacsé, l'assurance-vie est le levier le plus efficace et le plus simple à mettre en place. En désignant votre partenaire comme bénéficiaire, le capital transmis à son décès échappe aux règles classiques des droits de succession et bénéficie d'un régime fiscal spécifique et nettement plus favorable, quel que soit le lien avec le souscripteur.

Concrètement, les sommes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant taxation, puis d'un prélèvement de 20 % à 31,25 % selon le montant — sans commune mesure avec le taux de 60 % applicable à un concubin par voie de succession classique. C'est un contrat que la loi ne vous impose pas, mais qu'elle vous laisse pleinement organiser à votre avantage.

Le testament, indispensable pour transmettre le reste du patrimoine

Au-delà de l'assurance-vie, un testament reste nécessaire pour transmettre tout ce qui n'y est pas logé : immobilier détenu en direct, comptes-titres, biens professionnels. Sans testament, votre partenaire — pacsé ou concubin — ne recueille rien de ces actifs.

  • La quotité disponible : si vous avez des enfants, vous ne pouvez léguer par testament que la part de votre patrimoine non réservée à vos héritiers protégés
  • Le démembrement de propriété : attribuer l'usufruit du logement au partenaire survivant pour lui garantir un toit, tout en réservant la nue-propriété aux enfants
  • La donation entre partenaires : possible du vivant, avec une fiscalité alignée sur celle de la succession pour les couples pacsés

Ne pas oublier la prévoyance du vivant

Protéger son partenaire, ce n'est pas uniquement anticiper un décès lointain. C'est aussi couvrir la perte de revenus en cas d'arrêt de travail, d'invalidité, ou le remboursement d'un crédit immobilier commun. Sans pension de réversion et sans droits automatiques, le partenaire survivant peut se retrouver à devoir assumer seul des charges pensées pour deux — notamment un emprunt immobilier souscrit à deux noms.

Un contrat de prévoyance bien dimensionné, associé à une assurance emprunteur qui couvre réellement les deux têtes du foyer, complète utilement l'assurance-vie et le testament dans une stratégie de protection cohérente.

Ce qu'il faut retenir

Le concubinage n'offre aucune protection successorale automatique ; le PACS en offre une partielle, essentiellement fiscale. Dans les deux cas, l'assurance-vie et le testament restent les deux outils qui permettent réellement de choisir ce que devient votre partenaire en votre absence, plutôt que de le laisser à la loi commune.

Chaque situation est différente selon le patrimoine détenu, la présence d'enfants d'une précédente union, ou le régime choisi. Pour construire une stratégie adaptée à votre couple, faites le point avec notre cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant, ou consultez notre article sur la transmission de patrimoine sans droits de succession excessifs.

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